La Slam Session : définition tribale
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En américain, slam signifie faire claquer les mots. Le slam est un espace d’expression, une prise de parole libre en public, la slam session. Les règles originales sont simples : la scène est ouverte à tout le monde sur inscription préalable, à l’appel de son nom on dispose de 5 minutes maximum sur scène, le choix du texte et l’interprétation sont libres, il n’y a pas de support musical, et un verre est offert après le passage. Un slam est le texte qu’on dit sur une scène pendant la Slam Session.
Le slam est une pratique encore essentiellement amateur, même si les premiers artistes issu des scènes slam apparaissent. Du fait qu’il s’agit d’une scène ouverte, accessible à tous, les prestations peuvent être jugées de niveaux inégaux. Mais la diversité d’une slam session en est un des intérêts majeurs. Et une personne qui slame n’a souvent pas l’habitude de la scène, l’exposition au public d’une part intime de soi donne une intensité particulière. Il y a une prise de risque. Le bafouillage, le trou de mémoire, la main qui tremble en tenant la feuille, la respiration haletante, le texte dit à bout de souffle, font partis d’une slam session. C’est de l’humain. Et le rire n’est jamais loin.
Malgré ce ‘laisser-faire’, les slam sessions sont très denses dans l’intensité des mots et des voix. Et la qualité d’un slam ne se mesure pas simplement à la force de l’interprétation et à l’inspiration du texte, mais aussi à l’émotion et à l’énergie dégagées.
Le triple objectif de la Tribut:
La Tribut du Verbe essaie de concilier l’esprit d’ouverture du slam, c’est à dire la possibilité donner à chacun de le pratiquer, et les exigences de la création et de la réflexion artistique.
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Propager la pratique du slam, comme prise de parole libre en public.
Le slam a une importance dans l’espace démocratique, comme lieu de rencontres et d’expressions libres. En cette époque aux identités, tant individuelles que collectives, troublées, voire effacées, le slam peut contribuer à fonder de la communauté et à cultiver la liberté. Le slam en tant que forme d’expression citoyenne a sa place dans l’espace de la démocratie, où les aires d’expression libre ne sont pas légions, en ces temps impériaux et impérieux tout en sauts périlleux. Le slam peut être vu comme un acte citoyen.
Le slam devient une pratique sociale répandue, démocratisée. Si la parole fonde la communauté, le slam lui aussi crée une sociabilité particulière. Son dispositif n’a pas l’hermétisme d’un spectacle traditionnel où spectateurs et acteurs sont séparés. Pendant une slam session, tout le monde peut être ‘artiste’, tout le monde est spectateur. On monte sur scène, on slame, on retourne dans le public : il y a un mouvement, et dans le mouvement, il y a la rencontre. C’est le spectacle sans la séparation. Le slam tisse ainsi du lien social.
C’est aussi le lieu d’une expérimentation, celle d’une créativité populaire qui se découvre et s’affirme progressivement. Le slam va au-delà d’un simple défilé de personnes disant des textes sur une scène. La slam session n’est pas simplement utilisée, elle est investie, par chacun selon ses moyens, et acquiert ainsi son identité. Derrière le paravent de la diversité des passages et des visages apparaît souvent une cohérence, dans le sens où les échos sont nombreux entre les textes. Plutôt que d’écrire cohérence, peut-être faudrait-il mieux employer convergences. Les mots se rejoignent.
La Tribut participe à l’émergence et l’épanouissement d’une culture populaire autour d’un langage poétique, d’une parole urbaine avec valeur artistique. L’émergence de la parole slam : chacun trouve ses mots, chacun trouve sa voix, chacun trouve son rythme, chacun trouve son souffle.
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Faire émerger le slam comme nouvelle discipline artistique.
Les mots finissant toujours par sortir de leur définition, le slam devient un styloratoire s’articulant de l’écriture à la parole, pour faire circuler l’énergie des mots. Un art basé sur des formes d’écritures et de déclamations poétiques renouvelées. Un art de dire en rythme et de faire entendre la musique subreptice ou éclatante de sa voix, ou juste de faire valoir sa tchatche.
La Tribut entame une nouvelle étape dans sa démarche poétique et scénique. Elle explore de plus en plus profondément la terra incognita du slam, un pays redevenu vierge mais délimité par d’antiques bornes. C’est un terrain propice à la créativité, qui recèle un riche potentiel artistique.
« La poésie slam est un croisement, une convergence de sources et de pratiques différentes. C’est une poésie qui retrouve la voix, le geste, la joie et la colère. Elle est transversale et se nourrit du théâtre, de la chanson, du hip-hop (difficile de faire une énumération exhaustive), et tend à devenir, grâce à tous les gens qui slament avec un minimum de constance et de persévérance, une forme artistique spécifique. C’est en tout cas ce chemin que suit la Tribu.
La poésie n’est pas un vieil objet, une antiquité. Elle suit son temps en se déjouant de l’actualité. Elle est « mots-derne » en ce sens qu’elle fait circuler l’énergie des mots. Une énergie renouvelable. »
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